Quelques mots à propos du Festival

La musique constitue une des plus vibrantes émanations de l’esprit humain.
La musique, ce territoire qui ne finira jamais de s’étendre, continue de nous réserver surprises et émerveillement.
Ce n’est pas pour rien que les gens d’ici ainsi que les actuels et futurs montréalais de cœur continuent de converger depuis trente-neuf saisons vers ce Festival.

Désormais plus témoin qu’acteur de ce beau miracle culturel, je continue de m’étonner de la diversité de l’offre et la qualité des prestations qu’on nous propose.
Il faut dire que l’élaboration des programmes est affaire de passion et de passionnés. Je vous en reparle à la fin de cette rubrique.

Le passage des années me procure bien sûr plein de souvenirs et aussi d’étonnants indices de continuité ou d’aboutissement dans la liste des artistes présents.

Par exemple, l’arrivée très tardive sur nos scènes de Ry Cooder vient me rappeler qu’on a essayé de le présenter dès 1985 autour du succès du film Paris, Texas et de sa magnifique trame sonore.
Rien à faire, notre homme ne tournait pas.  Idem pour ses nombreux projets suivants.
Quel étonnement quand j’ai appris que ses agents ont contacté le Festival cette fois !
Tout vient à point à qui...

Sourire très, très nostalgique en apprenant que le groupe anglais Soft Machine sera des nôtres.
Leur dernier passage ici remonte au printemps 1974. Notre fondateur Alain Simard, déjà producteur et tourneur à cette lointaine époque, m’a proposé de coproduire ce concert au collège où j’étais animateur de l’organisation étudiante.
Une racine lointaine de ce Festival, sans doute !  Il y en a eu bien d’autres par la suite.

Le retour de Béla Fleck and the Flecktones, auréolés cette fois du prix Miles-Davis, revêt un caractère tout spécial.
Un des grands coups de cœur de mon parcours de « spectateur professionnel », le groupe (une première pour ce prix remis habituellement à un musicien solo) reçoit une reconnaissance méritée pour sa persévérance et sa créativité sans fin. Bravo !

Que dire de la sensation que me procure la présence de Robert Lepage faisant revisiter à la grande Betty Bonifassi sa magistrale reprise des chants d’esclave dans une création en première mondiale, SLĀV sur les planches du TNM ?
Hâte de voir ça.

À tous ces détails s’ajoutent de nombreux retours attendus et une somme imposante et étourdissante de découvertes aussi considérable que séduisante.
Ce programme que vous tenez ou lisez sur internet vous donne plein de détails.
Ouvrez votre cœur et votre esprit aussi grand que possible !
C’est ce que font toute l’année durant nos exceptionnels chercheurs de talents et d’émotions.
Pour bien les nommer et au premier chef le commandant de cette troupe, Laurent Saulnier entouré de son lieutenant Maurin Auxéméry et aussi appuyé de Fred Lamoureux et Joakim Morin.  
À l’aube de sa quarantième année, ils représentent le cœur artistique de cette grande manifestation et sa garantie de renouvellement incessant dans une continuité bien assumée.

Je les remercie énormément,

André Ménard
Cofondateur et vice-président
Festival International de Jazz de Montréal

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Un monde à découvrir

Année après année, l’équipe de programmation du Festival International de Jazz de Montréal tente de ramener sur son site extérieur et en salle le meilleur des musiques de partout dans le monde. Il y a un gros paquet de groupes et d’artistes dont on ne se doutait même pas de l’existence il y a un an et qui se produiront sur les différentes scènes du Festival. Ils viennent de partout dans le monde : Turquie, Nouvelle-Zélande, Haïti, Cap-Vert, mais aussi des États-Unis, d’Angleterre ou parfois même d’aussi près que… Montréal !

Nous découvrons de nouveaux talents et nous vous les prescrivons. C’est ça notre boulot. Vous dire que bien sûr vous avez déjà entendu Stephane Moraille chanter dans Bran Van 3000, mais venez la découvrir en solo ! Vous dire que Jupiter & Okwess fait partie des meilleurs groupes issus du continent africain depuis des années. Vous dire que si vous doutiez de la saveur exquise d’un duo saxophone-accordéon, courez voir et entendre Émile Parisien et Vincent Peirani. Vous dire que vous avez déjà vu les films produits par DreamWorks mille fois avec vos enfants (ou ceux des autres…), mais les revoir sur grand écran avec la musique interprétée en vrai par l’Orchestre Métropolitain, ça change la donne complètement. Vous dire que !!! est non seulement un super bon band de club, mais qu’il saura faire groover la scène TD ! Vous dire que Jessie Reyez est vraiment top sur disque, mais attendez de la voir sur scène !

Les Festival laisse aussi la place à une vraie création. Les quinze premières représentations de SLĀV, le nouveau spectacle de Robert Lepage et Betty Bonifassi, se dérouleront dans le cadre de votre Festival préféré. Un spectacle à la hauteur du talent combiné de ces deux créateurs hors du commun. La création, c’est aussi la Re : création, deuxième année de cette série un peu particulière, où des musiciens recréent pour nous des répertoires hétéroclites : Le pianiste français Laurent de Wilde qui se consacre à son mentor Thelonious Monk ; la Franco-Canado-Haïtienne Mélissa Laveaux qui plonge dans les musiques de son enfance ; Jesse Mac Cormack qui est Stevie Ray Vaughan. Toujours dans cette série, deux albums mythiques de la culture populaire mondiale seront également revisités : Lucioles, dirigé par le pianiste Guillaume Martineau, se joue de Dark Side of the Moon et Number 9, collectif de 17 musiciens montréalais, reprend le fameux White Album des Beatles.

Dernière chose. N’oubliez pas : la dernière journée du Festival est le 7 juillet. Essayez d’en profiter avant qu’il ne se termine. Amusez-vous bien !

Laurent Saulnier
Vice-président Programmation

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